01.11.2009

KLAUS SCHULZE - Irrlicht

 

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Nous sommes au début des années 70, et de l’autre coté du Rhin, dans la vaste Allemagne, un mouvement est en marche, en plein essors, c’est ce que l’ont appelle la Kosmiche Musik, que le label Ohr, avec son département Kosmische Kuriere vas contribué à développer et mettre en avant (avec un but financier certain).

Le label Ohr fut le premier à sortir des albums importants de ce mouvement, comme le premier (est excellent) album de Tangerine Dream, le premier (et épique) Ash Ra Tempel, et l’album qui nous intéresse en ce jour, Irrlicht de Klaus Schulze.

Klaus à commencer la musique par la guitare classique (sont professeur le foutra à la porte quand Klaus décidera de jouer de la guitare électrique) ; ensuite il passe à la batterie via sont grand frère, qui lui fera découvrir les charmes du jazz. La batterie sera son instrument principal pendant un moment, avant qu’il ne se lance corps et âmes dans les orgues et autres synthétiseur analogique. Il joue de la batterie sur le premier Tangerine Dream et le premier Ash Ra Tempel (entre autres).

Alors qu’il était batteur dans la premier version de Tangerine Dream, il diffusa (en amont de sont jeu de batterie) une bande avec un son d’orgue trafiquer, se qui n’a pas plu à Edgar Froese, il vira Klaus du groupe. Peu après, il forma Ash Ra Tempel, qu’il quitta après le premier album, car il n’y trouvait pas la liberté créatrice qu’il voulait.


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C’est ainsi qu’en Avril 1972, il entreprit l’enregistrement de se qu’il avait en tête, et le résultat fut Irrlicht.

Cet album est fait peu de choses ; un orgue Teisco, des E-maschines (des Echo à bandes, un Echocord, des cassettes, un multipiste Telefunken, …), une guitare électrique, un zither (une sorte de harpe), des percussions ,un ampli guitar Fender qui était endommagé (il produisait des énormes larsens, il fut définitivement mort à la fin de l’enregistrement).

Il y a aussi un orchestre, le Colloquium Musica Orchestra. Je vais vous citer le livret du remaster de Irrlicht, car je ne sais pas trop comment l’expliquer:

‘ I just went to one of their rehearsals and said, “I like what you’re doing here but could you play something completely different for me for hald and hour ? I’m just making a record” And the conductor asked me, “What would you like to have?” “Wel”, I said “I don’t care, just play anything! I just want to have the sound. I’m going to play the tape backwards anyway”. He said, “Then come to a rehearsal and record that!”. So I got an orchestra and didn't even have to pay for it ‘

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Alors rien qu’a voir les ingrédients, le plat peut sembler oser. Klaus sur des longues plages d’orgues grouillante, superpose des parties d’orchestre qu’il à l’égerment modifier. Il nous joue aussi des longues plages d’orgues fantomatique à souhait, oscillant dans la tête de l’auditeur comme une balancement doux est incessant, qui semble durer des siècles.

Satz Ebene commence bien, avec une montée de l’orchestre, avec un son venu d’outre tombe, et un drone grouillant et froid qui se profile en fond, pour ensuite prendre tout l’espace. Pendant les 10 premières minutes, l’orchestre joue en fond, avant qu’un orgue commence à nous délivrer des accords lents et aigu, dans un bel effet stéréo, pour ensuite laisser place à une séquence très rapide, comme une transe électronique primaire, introduit par un orgue magistral. Le tout est entrecoupé de sons de l’orchestre, qui sont très bien agencé.

Satz Gewitter (Energy Rise – Energy Colaps) est construit autour d’un doux son d’orgue spectral, lointain, avec autour de lui les sons digne des premiers synthétiseur analogique (alors qu’à ce moment là, il n’en a pas), et des effets d’echo, une reverbe d’ampli qui claque et des choses du genre (le tout étant sauvagement modifier pour y donner un coté outrancier).

Satz Exil Sils Maria est purement dans la veine de l’époque. Après avoir était plus dur en face A, Klaus délivre un long morceau tout en lenteur en face B, construit principalement autour des sons de l’orchestre, visiblement ralenti, se qui leur donne un coté encore plus spectral. Le son y est ensuite tourner dans tout les sens, comme pris dans un grand trou noir, emporté vers le fond de façon lente et inévitable, avec un son modifier qui amplifie cette sensation. Mais déjà, s’installe le second mouvement de cette symphonie malade, avec un bourdonnement qui oscille, dans une réverbération. Peu à peu, une orgue doux et rêveurs y tisse une toile fine, qui finira la plage pendant de longues et délicieuse minutes, avec toujours cette oscillations qui s’en revient, et le tout fini en douceur, comme si le sommeil emportait le morceau.

Vous l’aurez compris, les éléments y sont toujours les mêmes, mais toujours utilisé de façon intéressante, se qui donne au disque un coté bloc vraiment très bon (comme une majorité des disques de la même époque, entre 70 et 72).

Vous parlez de la musique de cet album est chose vaine, car seul une écoute au casque et au calme (et dans le noir, c’est encore mieux) rendra justice à ce disque fortement méconnu de Klaus (avec Cyborg). C’est un disque difficile d’accès, mais un petit joyaux.


 

16.10.2009

Sonic Youth - Making Of Murray Street

Le blog est en pèrte de vitesse! Le manque (voir l'absence) de visite de nous motive pas énormément; il faut bien l'avouer.

Aujourd'hui, nous vous proposons une vidéo en 3 partie sur le making of de Murray Street de Sonic Youth, avec Jim O'rourke. C'est très intéressant à voir.

06.10.2009

JIM O'ROURKE

A notre époque, il faut bien avouer qu’en terme de musique, on a plus souvent à faire avec des « artistes » motivés par les ventes que par l’originalité, ou la démarche artistique pure. Jim O’Rourke est plus ou moins à l’origine de ce blog. Passionné par son travail depuis longtemps, j’ai croisé Shakey, et j’ai vite compris que lui aussi s’intéressait au travail de Jim O’Rourke. Originaire de Chicago, né en 1969, O’Rourke a très vite pris part à de nombreux projets, aussi divers qu’obscurs. Dans un premier temps, il fit parti de plusieurs formations, dont « Brise-Glace », avant d’intégrer Gastr Del Sol où il va acquérir une petite notoriété. Il va rapidement devenir un artiste touche à tout et singulier. Capable de créer un album pop absolument parfait (Eurêka) ou bien un double album de deux heures composé de deux drones extraordinairement intenses (Long Night), il ne connaît aucune limite et ne s’en donne pas plus. Le nom de ce blog est en fait le titre de son précédent disque, un 45 tours éblouissant composé d’une seule pièce répartie sur deux faces, un drone évolutif qui dénote une maîtrise absolue de son art. Pourtant, Jim O’Rourke apprend chaque jour. Parti au Japon depuis plusieurs années, il étudie la musicologie, tout en prenant part à différents projets (il a produit Wilco le temps de deux albums, et intégré Sonic Youth pendant quelques temps), il continue à produire des disques fréquemment passionnant (voir « The visitors » dernier album en date).

 

Toujours à l’écoute du dernier truc à la mode pour produire du son, il est capable de reprendre Burt Baccarach et de graver du bruit blanc ou des choses expérimentales, avec Nurse With Wound par exemple. Sa discographie, pléthorique, comporte quelques albums éblouissants, « Two nice catholic boys », « I’m happy and I’m singing », « Terminal Pharmacy », « Halfway to a Threeway », ou « Bad Timing », l’un de ses meilleurs disques à ce jour et bien d’autres encore.

 

A noter que le 12 octobre prochain, Jim O’Rourke sort un nouveau disque, fruit d’une collaboration avec Thurston Moore, membre des Sonic Youth (voir Trailer plus bas…). Il ne manque jamais une occasion de citer ses multiples influences, dont l’immense John Fahey dont nous ne manquerons pas de vous parler plus tard. Bref, Jim O’Rourke est un artiste important, mais préfère rester dans l’ombre. D’une modestie légendaire, mais aussi d’une fantaisie assez rafraîchissante dans ce monde qui se prend tellement au sérieux, Jim O’Rourke fait ce qu’il veut quand il le veut.

Il sort des disques quand bon lui semble et chez qui il le souhaite. Drag City fait parti des labels récurrents. Faire un bilan exhaustif en quelques lignes de son œuvre est un exercice totalement vain, c’est sans doute pour cela que, régulièrement, nous vous parlerons de ce bonhomme, réellement passionnant.

 

02.10.2009

SONIC YOUTH - SYR

Chacun connaît Sonic Youth. Enfin, je suppose. Ancien groupe dans une mouvance Punk-Rock un peu austère, fumiste pour certains, géniaux pour d’autres, Sonic Youth est avant tout un groupe d’aventures. De celles qui n’ont pas froid aux yeux. Alors que le groupe au meilleur de son succès, les membres décident de créer leur structure pour y produire leurs galettes les plus expérimentales. En effet, à l’époque de Geffen, les longues complaintes soniques ne font guère sourire les dirigeants qui voient plutôt çà comme un suicide commercial. C’est donc à cette époque (peu après Washing machine…) que le groupe décide de commercialiser seul des maxis pour faire écouter à son public ses divagations les plus expérimentales. Comme souvent dans ce type de musique, il y a à boire et à manger. La série se nomme SYR, et ne porte pour titre que le numéro d’ordre d’arrivée.  C’est parfois faramineusement bon, comme sur ce Anagramma présenté plus bas et se trouvant sur le SYR 1. La plupart du temps, les disques présentent des improvisations plus ou moins longues, et forcément plus ou moins réussies. Il est également fréquent que le groupe accueille un invité, comme Jim O’Rourke, sur le SYR 3 ou le groupe part dans une longue divagation d’une demi-heure. Les derniers en dates sont plutôt des enregistrements de performance live. Car, le groupe s’adonne également à ce genre d’expériences en Live.

 

Le SYR 4 est l’occasion pour le groupe de reprendre plusieurs morceaux de musique concrète. Ce double LP (oui, au fil du temps, ils ont abandonné le format maxi) présente des reprises de compositeurs comme John Cage. A cette occasion, je suis allé les voir à l’Olympia. Ce fût énorme, passionnant et décevant à la fois. Mais la déception vint du public, venu là pour entendre Sugar Kane, et se retrouvant devant un batteur qui jouait… du papier journal.

 

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En première partie, je vis apparaître un rondouillard au pantalon pates d’éph’ rayé portant de grosses lunettes. C’était Jim O’Rourke. Il ne joua qu’un morceau. Une longue montée de larsens et de distorsion, où il parvint à faire vibrer, à la fin du titre, l’ensemble de la salle… Vibrer physiquement. Durant quelques minutes j’ai eu l’impression d’être collé à un moteur d’avion.

 

Depuis, le groupe, malgré un changement récent de label, continue à sortir régulièrement des disques estampillés SYR, très souvent entourés d’artistes contemporains, appuyant ainsi leur volonté de rester en marge de l’industrie, avec une véritable démarche artistique, malgré un succès qui n’est plus à démontrer. La démarche, si elle n’est pas apprécié par tout le monde, peut au moins être saluée.

 

30.09.2009

LA MONTE YOUNG – The Well-Tuned Piano

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The Well-Tuned Piano est une œuvre quasi improvisé au piano, basé sur le système de l'intonation juste , qui sur le piano se traduit par accordage « alternatif ».

 

Le travail sur ce titre a démarrer en 1964, et continu toujours de nos jours.

C’est une très longue pièce (en général entre 5 à 6 heures), qui demande une grand préparation pour être joué en live, en effet, il faut une, voir deux semaines pour accorder le piano. De plus, La Monte Young demande plusieurs mois de préparation et de répétition, qui sont pour lui l’occasion de continuer la composition de la pièce.

La représentation live demande aussi l’installation d’une Dream House (à la base une installation sonore et lumineuse) et des lumières de Marian Zazeela..

Depuis 1974 (date de sa première interprétation publique), le titre fut interpréter une soixantaine de fois.

L’enregistrement dont je vous parle a était enregistré le 25 Octobre 1981 en live à New York, pour une session qui débuta à 6h17 pour finir à 11h18 (c’est noter sur la pochette).

En tout, il y a 5 CD pour 5 heures de musique.

L’ensemble est homogène du début à la fin, c’est toujours ce même piano, avec cette accordage qui donne une impression d’un vieux piano légèrement désaccordé, mais qui lui donne un côté hanté.

A l’écoute de cette œuvre, j’ai une douce sensation d’un poids sur le cœur, et l’image (celle de la pochette) d’un grand hall semblable à une sorte de paradis sous hallucinogène.

Une sorte de symphonie qui flotte dans un léger suspend, avec une alternance de passages lent, tout en résonance, ou les notes se meurent doucement sous les touches du grand piano, mais aussi de passages plus rapides ou La Monte Young fait preuve d’une virtuosité très particulière. Il y a aussi des moments dans les graves du piano qui sont vibrant à souhait, légèrement mais délicieusement dissonant.

C’est une coffret difficilement trouvable, et hors de prix (1500€ le coffret LP, et légèrement moins pour la version CD), ce qui est bien dommage, une réédition serait la bienvenue.

Cette œuvre est vue par certains musicologues comme la pièce pour piano la plus importante aux USA depuis Concord Sonanta de Charles Ives.